Comme j’en ai déjà parlé, j’adore aller au cinéma. A n’importe quelle heure, pour voir –presque– tous les genres, dans toutes les langues. Seule ou accompagnée, avec ou sans m&m’s à me mettre sous la langue. Dans les petits cinés comme les grandes salles.
J’ai des préférences, évidemment, et des limites. Mais d’une manière générale, j’aurais beaucoup de mal à me passer des salles obscures, où l’évasion est reine. Oublier sa propre vie pour un peu plus d’une heure, d’accord, mais aussi se laisser séduire, ou pas, par des univers divers, des personnages fascinants, des lieux, des temps qu’on ne connaîtra jamais.
(Attention comparaison tirée par les cheveux à venir)
Avoir des enfants, c’est chiant, fatiguant, chronophage, comme dirait Jérôme, liberticide, frustrant, angoissant et permanent.
On est d’accord.

Mais c’est aussi l’assurance de comédies rigolotes et faciles, ou bien burlesque (quand maman imite la poule, joue au chat…), sentimentales (seulement quand il est très malade, ou mort de
fatigue, enfin qu’il a vraiment besoin de toi, quoi). C’est aussi des films d’actions (quand il est debout sur sa petite table et qu’il se jette dans tes bras, certain que tu le rattraperas
toujours…ça t’apprends à être sur le qui-vive tout le temps, un gosse) et puis des mélodrames (quand il n’y avait personne à côté de la table…)
Mon fils, c’est la grosse flemme qui veut toujours pas sortir de son charabia incompréhensible, mais quand je le regarde
faire, dans son petit univers d’enfant, je me dis que ça va pas être triste quand il aura décidé de commenter toutes ses actions à grand renfort de vocabulaire.

En attendant, c’est moi qui le suis dans tout l’appart’, armée de mon appareil photo. Je suis le témoin de ses découvertes, ses jeux, ses conneries (quoi que souvent faites en douce), ses
exigences de petit prince, ses curiosités…Et quand je vois le résultat en images, je suis pour quelques instants remplie de fierté et d’orgueil, de joie surtout, à l’avoir sur mes genoux avec ce
sentiment que c’est le mien, et que je l’aime si fort que je l’étoufferais d’amour et de bisous sur ses grosses joues tendres et fraîche.

Avoir des enfants, c’est l’assurance d’avoir du cinéma chez soi. Une petite séance tous les jours.
Et ça fait plaisir.

