
Marie & Polycarpe
Un garnement dans les alpages
Un livre de Christian Cornier
(Article non sponsorisé)
Il est né le divin enfant…
Après plus de 5 ans de gestation, le voilà tout frais sortit des presses. Un beau bébé de 982g et 196 pages.
Un peu lourd à porter, donc, quand on est adepte, comme moi, de la lecture en position couchée.
En même temps, avec ce livre, pas besoin d’être allongé pour passer un bon moment de détente. (C’est ça, la démagogie, Christian ?!)

Lire ce bouquin c’est se retrouver projeté 50 ans en arrière (et je sais de quoi je parle, forcément). C’est mieux que la 3D, il y a les saveurs, les jeux de chapardeurs, les lectures (les pieds
nickelés…), la musique (Aznavour, Sheila !...), l’ambiance politique, l’école, le caté…Toute la vie lyonnaise d’alors, racontée par un gosse de 10 ans. Et puis vient l’été ; et les
vacances avec la famille de son père, dans un petit village, Bellevaux, de la montagne savoyarde. Et tout le reste de ces souvenirs transpire d’amour et de tendresse, d’humour, de courses folles,
de complicités, de travail et d’ivresse.
Lire ce bouquin, c’est accepter –et trouver ça plaisant– de se reconnaître dans certaines pensées de ce petit garçon, parce que peut importe à quand remonte notre enfance, on a tous vécu des histoires similaires, on a tous fait des bêtises plus grosses que nous même, on a tous une attache plus particulière avec l’un de nos proche, et on a tous crapahuté en pleine nature.
Mais on n’a pas tous l’art de se raconter… Et c’est surtout pour ça qu’il faut lire ce livre. Parce que Christian, il sait y faire pour que t’ai pas envie d’aller te coucher à la fin d’un chapitre. Il sait te mettre des drôleries et des rebondissements juste comme il faut, il te raconte les gens sans broderies, juste comme ils sont. Avec candeur et honnêteté, comme à travers le regard d’un gosse en somme.
Il y a pleins d’apartés qui impliquent le lecteur, ce qui nous rappelle, comme au théâtre, qu’il y a bien un auteur derrière cette histoire, et ce qui ne fait donc que rajouter un peu d’humour dans un récit déjà très vivant, puisque raconté par un minot débordant d’énergie et de coups foireux jusque dans les poches de ses culottes courtes.
Bref, lire ce bouquin, c’est assurément faire un pied de nez à l’ennui toujours présent dans nos courtes journées d’hiver gris et maussade.
Bon, sauf des fois, vers le milieu de la lecture où le temps peut sembler un peu long, mais hey, même à la montagne, on pouvait se faire chier ! Et puis la séries d’aventures repart de plus
belle, le petit cœur tendre qui bat la chamade pour sa cousine la journée, et qui se bidonne le soir à table du manège de Polycarpe pour se resservir un petit coup de pinard. Le garnement qui
renverse sa grand-mère et tire des coups de polochon dans la tête à son frère. L’exalté qui courre après le chien, les poules, les conneries toutes la journée. Le gamin juste heureux d’être là,
dans sa vallée, entouré de cette galerie de personnages tous atypiques mais bienveillants et qui constitueront « ces pages d’enfance qui s’ouvriront à lui toute sa vie durant. »

Ne me demandez pas pourquoi, mais quand je pense au livre de Christian, je pense aussi un peu à cette chanson de Brassens…