Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Petit guide de survie (je crois) à l'usage des organisateurs d'anniversaire

Hier j’ai mis à rude épreuve mon diplôme d’auxiliaire de puériculture : Arthur a fêté son anniversaire à la maison. Avec huit copains copines. Plus lui et son frère égal 10.

Encore, on s’en est bien tiré, si je l’avais écouté au moment de la réalisation des invitations, le total changeait de dizaine. L’avantage des invitations fait-main : maman n’est pas une machine, et de toute façon, il n’y a plus de gommettes pirates à coller. Si tu ne les avais pas déjà toutes mises sur le brouillon, tu aurais pu inviter plus de monde, réfléchi bien à ça mon grand. (Gniark gniark)

Ça c’était il y a dix jours. Entre temps, le nom de certain des invités à changé plusieurs fois, et encore à 5 minutes du coup d’envoi il ne comprenait pas qu’on ai pu oublier Tartempion. Écoute, le salon fait toujours 12m2 et ta mère est agoraphobe. Restons censés.

Alors, comment ça se passe, un gouter d’anniversaire pour un enfant qui fête son premier lustre ?

Avril, c’est un peu bâtard, comme saison. Ce weekend il faisait 8°C, je ne pouvais pas prévoir qu’on atteindrait les 25 ressentis 32 derrière les carreaux trois jours plus tard. Exit le parc, donc. Non parce que ce genre de petite bamboche nécessite une légère préparation en amont. A moins de t’appeler Jérôme, tu ne décide pas au dernier moment de faire une sortie de groupe un mercredi de plein soleil dans un parc où déjà une foule de petits hystériques se bouscule au toboggan. Je tiens à préserver ma santé mentale. Et mes cordes vocales.

Le jeu des grands, c’était donc principalement de surveiller toutes les fenêtres ouvertes pour éviter les tentatives de chute libre. Je rappelle que nous vivons au troisième étage ; ça peut commencer à faire mal.

Le jour J, ou ceux d’avant ; tout dépend de la capacité d’anticipation des parents… (nulle, dans notre cas) on prévient le reste des habitants de l’immeuble, voire, de l’immeuble d’en face, rapport aux sans gênes (sifflets, moi aussi je viens de l’apprendre) qui font « TÛÛÛT » bien fort et dans lesquels d’autres sans gênes s’essoufflent depuis la susdite fenêtre ouverte.

« Chers voisins,

L’amour de ma vie, chair de ma chair fête son anniversaire avec ses copains entre 16 et 18h. D’avance toutes nos excuses si les murs vibrent un peu. »

Agrémenté d’un joli ballon collé sur la porte d’entrée de l’immeuble (côté intérieur, pour qu’il ait une chance de rester jusqu’à l’arrivée des invités) et le tour est joué.

Enfin sauf en cas de réfractaire faux-cul, qui préférera faire disparaitre le ballon signalétique plutôt que de signer votre petite note d’un plus radical « chers voisins mon cul ouais » avec trois points d’exclamation rageurs. Bon, donc on a recollé un ballon à la porte un peu avant 16 heures, voilà tout.

Je ne pensais pas que l’accueil des petits invités soit un moment à part entière de l’événement. Mais ne pratiquant que l’univers garçons depuis cinq ans, j’avais minimisé la sensiblerie d’une choupinette qui a peur de quitter sa maman. Il faut dire qu’elle est arrivée alors qu’ils étaient déjà 9 à retourner la chambre d’Arthur à grand renforts de cris de mouettes et de sons plus gutturaux.

Alors que ça faisait dix minutes que je tentais de négocier avec la petite précieuse de la prendre dans mes bras pour lui faire boire un petit verre d’eau en tête à tête à la cuisine, histoire qu’elle se familiarise, j’ai béni ma super copine qui avait accepté de ne pas repartir en déposant sa propre fille. C’est toujours bon d’avoir des amis qui ont le sens du sacrifice, surtout alors qu’on leur promet un malibu-ananas qui ne vient finalement jamais. Heureusement qu’elle était là pour aider Jérôme à sauver les meubles en attendant que la situation à la porte d’entrée se désamorce.  

Recevoir les copains, c’est une occasion de les découvrir autrement que par ce qu’en dit notre petite merveille. Ça permet aussi de comprendre beaucoup de chose sur le comportement de son propre fils. Mention spéciale à l’un des meilleurs potes d’Arthur qui vient voir sa mère avec laquelle je discutais, équipé d’un gros ballon maintenu à l’endroit de son pantalon où se cache sa ri-quiquette : « t’as vu maman j’ai un super gros zizi » entre la fin du stade anal et le début de l’Œdipe qu’est-ce qu’on se poile !

Une fois tous attablés s’en est suivi le concours de celui qui a le vocabulaire le plus scato, à grand renfort de bruitages de prout… On est classe ou on ne l’est pas. L’occasion rêvée pour Jérôme de mettre à l’aise la minette qui ne décollait pas des genoux de ma copine qui faisait le deuil de son malibu en sirotant son verre d’eau ; en lui demandant ce qu’elle pensait des garçons. Verdict : « les garçons c’est pas bien, ils font que des bêtises, c’est des bébés cadum. » Réponse des trois filles de l’assemblée (les deux adultes se sont abstenue de toute surenchère, évidemment.) Et les garçons, ils en pensent quoi, des garçons ? Deux d’entres eux ont déjà tout compris aux relations hétérosexuelles en confirmant que c’est pas bien, les garçons. Un autre a tiré un coup de pistolet en guise de réponse, et les trois derniers « y sont marrants ; en plus y sont des vers de terre ; ils sont marrant mais ils font caca par terre ! » Antoine n’a pas donné son avis, mais lui il fait caca dans sa couche, alors il a continué de manger sa part de gâteau comme si de rien n’était.

Choisir un thème comme fil conducteur de la petite débauche est facultatif, mais mes faireparts s’adressaient à des flibustiers, on ne pouvait donc décemment pas passer à côté d’une chasse au trésor. 2 heures, ce n’est pas très long, mais avec dix gosses montés sur ressorts, il faut quand même des subterfuges pour canaliser toute cette jeunesse. Un puzzle géant représentant l’endroit de la maison où est caché le butin, on cache les pièces dans la chambre, et un papa qui ressemble à s’y méprendre à un ogre se dissimule sous la couette. Les volets sont quasi clos ; dans la pénombre, petit groupe par petit groupe, en silence (Ô la douceur de ce mot) pour ne pas réveiller le monstre chatouilleur, on cherche les pièces.

 Je pensais que ce concept éviterait des acouphènes à l’intégralité de la ville, j’avais juste oublié qu’à 5 ans on ne sait plus que c’est un papa qui est sous la couette, et que quand il se met à grogner, on détale tel un troupeau d’éléphant qui adhère bien au sol, en hurlant pour exorciser l’effroi. Cela dit c’était très drôle, ils ont bien joué le jeu, j’ai materné des petites filles qui avaient besoin d’une main rassurante pour affronter la caverne de l’ogre, et j’ai même vu des garçons qui avaient trop peur pour sortir de leur cachette. Une fois les dix autour du puzzle reconstitué, il n’y en a eu qu’un seul pour trouver qu’on avait dessiné le meuble TV et la télé ; sans doute aussi le seul qui ne doit pas la regarder ; ceci expliquant cela…

Le trésor c’était des canons (2 bombes de table) qui ont fait leur petit effet, et qui m’ont permit de faire LA fameuse photo de groupe souvenir, parce que, Arthur, t’as pas intérêt d’oublier tout ce qu’on a fait pour toi !

Articles-4 6974 

Articles-4 6986

Entre temps, il y a eu le déballage de la montagne de cadeaux. Ils s’y sont mit à plusieurs, en trois seconde c’était plié, en cinq minutes ils se battaient pour les mêmes jeux, et en dix, ils en avaient déjà bousillé un. Avec ma copine on a sauvé toutes les petites pièces playmobile, 24 heures après, je n’ai toujours pas eu le courage de les ressortir pour commencer les assemblages.

Après on a dansé, une chanson et j’étais au bout du bout de ma tolérance niveau décibels. Ça tombait bien, ils voulaient tous refaire une chasse au trésor, juste pour pouvoir mettre sa pâtée au grand chatouilleur de la caverne. A dix contre un, il a quand même fallu que j’intervienne, surtout que l’un d’eux avait un bras dans le plâtre (sa mère lui avait flanqué des coups de couteau jusqu’à l’os, dis-donc) et qu’il se jetait dans le tas coude en avant sans se poser de questions. Jérôme s’en est sortit sans ecchymoses, à deux doigts de l’asphyxie jusqu’à ce que j’arrache à un enfant le coussin qu’il lui maintenait  sur la tête. On se demande franchement à quoi jouent ces malotrus quand ils sont chez eux !

Une partie de chamboule tout, et déjà enfin la première maman arrivait. « J’espère que c’est pas ma maman ! » me dit la même petite inconsolable 2 heures avant. Si ça c’est pas la plus jolie façon d’être remercié de tous nos efforts…

En 20 minutes tout le monde était partit, avec Jérôme on échangeait un soupir entendu, et Arthur se remettait à pleurer « je veux des bonbons !! »

Vous avez dit pourri gâté ?

Articles-4 7004

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
<br /> énième lecture... et toujours autant de plaisir!<br />
Répondre
S
<br /> Comme dirait Florence Foresti : "ne fais/ jamais/ d'enfaaaaaaaaaaaants!"... trop tard!<br /> <br /> <br /> J'ai comme l'impression d'avoir partagé une part du gâteau d'anniversaire avec vous en lisant ces quelques truculentes lignes!!<br /> <br /> <br /> Aller, hop! Les zigomatiques bien détendues je peux maintenant aller me coucher.<br />
Répondre