Avant-hier, on s’est fait un film en 3D.
On avait déjà vu, comme ça, Là haut et destination finale 4. Cette fois, c’était Avatar. (Et le prochain, ce sera en avril 2010 pour le dernier Tim Burton, Alice au pays des merveilles. J’espère vraiment qu’ils auront soigné les effets 3D, pour voir ce que ça fait de rouler une pelle au chapelier fou (alias Johnny Depp) qui sort littéralement de l’écran.
Avatar disais-je. Et donc au Gaumont, parce que je crois que rares sont les cinémas indépendants qui proposent déjà le 3D.
Gaumont…Ah comme j’aimerais être moins faible et refuser systématiquement de mettre un pied chez eux…
Je sais que ma démarche de boycotte n’est qu’une ridicule micro goutte d’eau. Choisir de ne plus manger Mac Do parce que j’aimerais sauver la planète, c’est tellement incohérent au regard de la tonne annuelle de chocolat que j’engouffre. Vite évaporée la micro goutte.
Alors arrêter d’aller à Gaumont, ce ne serait qu’un principe de plus dans ma philosophie de vie. Mais serais-je plus heureuse ? Pas moins, en tout cas. Et puis, à moins d’être un véritable ascète, comment ne pas faire parfois une entrave à la règle ? Qu’en est-il de la femme enceinte et ses envies bien connues de menu Mac Chicken ?
Mais quand même, il y a des instants de lucidité dans ta vie, où t’aurais envie de choper le premier employé venu et de le tabasser juste pour exprimer ta haine envers l’enseigne qu’il représente et qui se fout bien trop ouvertement de ta gueule.
Non parce que déjà la séance à Gaumont, c’est cher. Mais alors quand tu vas voir un film en 3D, tu paie ta place 2.50 euros de plus. A deux, ça te reviens à 23 euros la sortie sans ton marmot –quand les grands-parents paient 2 euros le tour de manège, pour pouvoir s’émerveiller du plus beau des spectacles qui soit : un enfant heureux. Moi je dis, les plaisirs simple, y’a que ça de vrai–
Donc tu te fais déjà voler de 5 euros supplémentaire par rapport au prix de base de la séance ; et ça, c’est juste pour le fun, parce que ce prix augmenté ne comprend pas les lunettes indispensables pour bénéficier des effets de la 3D. Donc soit t’as une paire d’yeux bioniques, soit tu raques 2 euros de plus pour profiter de ton film.
Si tu vas un peu au cinéma, tu sais qu’à Gaumont en plus de ta place ils te filent toujours un autre coupon te donnant droit à une boisson gratuite pour tout achat de 15 euros de m&m’s (j’exagère à peine). Et bien je te dis, heureusement que j’ai tous ces principes à la con de goutte d’eau, parce que c’est ce qui nous a sauvé de la crise financière (et de la crise de couple). Plutôt que de jeter ces coupons par terre comme une pollueuse arrogante qui sait qu’une femme de ménage viendra se péter le dos pour les ramasser, j’ai fourré le tout dans mon portefeuille (félicite-moi, sinon l’anecdote n’a plus le même sens) en même temps qu’on allait passer le temps d’avant séance chez Virgin Megastore (un autre temple qui ne veut que ton bonheur, consommateur). Et au moment de donner les billets à l’ouvreuse, voilà qu’elle me demande le coupon qui prouve qu’on a bien payé pour avoir les lunettes. Il y a donc vraiment des gens au regard bionique (ou alors Gaumont ne récupère pas les lunettes à la fin de la séance, ce qu’ils faisaient pourtant jusque là. Qu’est-ce qui te semble le plus crédible ??)
Pour finir, on avait oublié ce que c’était que d’aller voir un blockbuster à 17 heures un samedi dans un complexe cinématographique et de se pointer tout pile à l’heure. Premier rang complètement à gauche, c’est nous. Tout autour, des tas de couillons comme nous, sauf qu’eux ils ont poussé le vice jusqu’à acheter le maxi popcorn et coca, parce que tant qu’à se faire couillonner, autant la jouer à fond. Allez, ça m’est arrivé aussi, va ; lors de séances imprévues où je n’avais pas pu acheter mon paquet xxl de m&m’s 4 fois moins cher (mais toujours franchement abusé) au Monop’ du coin.
Et le film alors ? Naze. Et la 3D ? Pourrie.
Par contre, avant le film –que même assis dans ton fauteuil tu rumine encore le prix des billets, avec tes petits calculs à la con et tes réflexions inutiles genre « putain avec 25 euros, j’aurais pu me payer 2 foulards » ou encore « on aurait pu se faire un restau, sans le vin »– ils oublient pas de te bombarder de pub. Tellement que tu fini par te demander ce que peut bien encore financer ta place. Le petit lutin de médiavision (01.47.20.00.01) te dit que c’est le moment de mettre tes lunettes. Et là, pour vérifier qu’elles fonctionnent, on te balance une pub Haribo, le sachet explose, et c’est un feu d’artifices de bonbons qui te saute à la face. Ca paraît tellement réel que s’ils ne le faisaient pas déjà pour y mettre du popcorn, tous les gens de la salle ouvriraient la bouche dans l’espoir d’avaler un chamallow. Ha, la 3D…c’est les publicitaires que ça doit faire rêver. J’imagine déjà le carnage quand dans quelques années un magnum viendra se défaire de son emballage juste devant tes yeux, et que sous ton siège le diffuseur d’odeurs t’enverra direct dans les naseaux celle du chocolat qui fond. Ca sera quelque chose…
Et sinon, ces articles longs pour ne rien dire, c’est une perte de temps ? C’est toujours mieux qu’une lettre bâclée au
père-noël, non ?
Et les fameuses lunettes que t’as pas l’air d’une mouche du tout du tout avec :