Depuis quelques jours, on a accueilli un bébé, chez nous.
On n’arrête pas de me rabâcher que c’est mon petit frère. Antoine.
Ouais ben on m’a pas demandé mon avis, à moi. Pourtant jusque là c’est pas devant les poussettes que je tendais une main intéressée, mais bien devant tous les chiens que je croisais. Je pensais que le message était clair.
Même pas.
Du coup je dois cohabiter avec un petit humain qui quand il ne dort pas, braille tant qu’il peut, juste pour qu’on lui donne à boire. Alors que moi on m’engueule au moindre caprice. Bon, j’avoue qu’après plus de trois semaines à recracher tout ce qu’on me donne à manger, une fois que je l’ai bien mâché, ça commence à rendre mes parents complètement dingues.
J’ai pas le droit de mettre mes doigts dans ses oreilles, c’est un drame si je secoue un peu son lit, j’ai même pas l’autorisation de le taper alors qu’il pleure juste à côté de moi et que c’est vraiment énervant. Et je suis pas passé loin de la rouste quand je suis allé le réveiller en faisant rouler ma toute nouvelle petite voiture sur son nez (s’il s’était pas mis à hurler si fort ce fayot…)
Et en plus de tout ça, il me pique toutes MES affaires. Alors que ce transat, par exemple, il me va encore très bien ; il est parfait pour boire mon bib, ou doudouner un peu.
Nan, et puis faut le voir, franchement. On s’extasie devant lui, mais y tiens même pas assis le pauvre. Debout, j’en parle pas, j’ai tâté ses jambes, il est pas prêt de se lever, c’est sur. Quand il a les yeux ouvert, c’est un vrai concours de grimaces. Et puis y louche, va savoir où est-ce qu’il regarde…
Alors bon. Des fois je peux pas m’empêcher de me dire qu’un animal, ça aurait été plus simple. Mais maintenant faut que je me fasse une raison, je crois qu’il est là pour de bon. Je vais essayer de m’adapter, c’est tout. Et puis p’t’être qu’un jour, nous deux, ça va marcher.