
À la vue de mes redoutables crocs, papa et maman se sont fait une joie de retourner dans leur grande surface préférée, celle où on ne peut même pas trouver un répertoire avec la papeterie, ni un stick à lèvre au rayon des capotes, j’ai nommé : Carrefour. On est donc allé acheter les premiers petits pots. Compote à la fraise, pour faire comme papa, à l’abricot, comme maman. Purées de légumes au hasard, les légumes, c’est les légumes, hein ?
Retour à l’appart’, pile pour le gouter. On évite de justesse la rupture quand Jérôme réalise juste à temps que la fraise c’est déconseillé pour l’organisme fragile de notre petit monstre ; et que plein d’humour (c’est un gars drôle, mon gars), il me dit « pourquoi t’as acheté ça ?! Tu te souviens pas que la pédiatre a dit non ? ». Moi qui démarre au quart de tour je réponds « Pardon ?!? » et puis d’autre trucs nul parce que j’ai pas de répartie du tac au tac, mais quand même, c’est lui qui a insisté pour qu’on achète la fraise.
Comme il a malgré tout le cœur sur la main, Jérôme me laisse le privilège de donner la première
compote, à l’abricot, donc.
M…Mais…Mais qu'est-ce qu'on essaie de me faire avaler, là?
Hmm! Mais c'est vachement bon!
...Et le lendemain, à midi, purée de Carotte avec papa.
Oui, avec papa seulement, car maman n'a rien à voir dans ce ravalement de façade. Elle n'a été que le témoin oculaire.
C'est pourquoi je dois vous mettre en garde:
Attention, les images à suivre peuvent choquer les yeux les plus sensibles.
C'est en effet un massacre à la petite cuillère qui a pu être photographié pour vous, en exclusivité, par une maman totalement dévouée.
Je vous aurais prévenu.


