
Encore une heure de perdue chez Carrefour…Sans parler de la petite centaine d’euros partie en même pas 15 articles. Mais cette fois, on repart avec la promesse d’économiser 10€ la prochaine fois qu’on y retourne. On s’en doutait, 2 conditions à cette offre :
– En avoir pour minimum 80 euros. M’enfin ça, c’est même plus une condition, c’est une évidence.
– Avoir rien d’autre à foutre un dimanche 28 septembre (c’est bon, je sais, je suis encore à la bourre dans mes articles) que d’aller faire des courses.
Je me demande combien de pigeons se sont laissé appâter par cette offre alléchante d’un fabricant de manque et de nécessité, d’un symbole du capitalisme ? Combien de pauvres, d’expatriés des 4 coins du globe (on est en banlieue, le blanc est l’étranger), tous sur la corde raide, ont sacrifié une partie de leur jour de repos dans l’enfer clinquant du sacro-saint magasin ?
Si j’avais pas été si lâche, je serais allée de pied ferme, prendre pied à Carrefour, y faire des pieds et des mains pour convaincre tous ces gens déjà persuadés de réaliser une bonne affaire, que le véritable gagnant de cette offre c’est pas eux, mais une poignée de dirigeants et d’actionnaires.
Leur dire aussi que si les petits employés avec leur immonde gilet vert et bleu peuvent s’attendre à toucher une misérable prime pour un jour du Seigneur travaillé, ça va pas durer, une fois que ce même dimanche sera devenu un jour comme un autre.
Que si on a tous le couteau sous la gorge, ce n’est pas une solution de faire le jeu de Carrefour sous prétexte qu’on va gagner 10 euros. Qu’au contraire on devrait s’unir pour boycotter ce genre d’opération. Montrer à tous ces gérants mégalos trop convaincus de tenir toutes les ficelles qu’on n’est pas des crève-la-faim prêts à sacrifier une vie de famille, une grasse mat’, un dimanche après-midi dans un parc au soleil pour 10 insignifiants petits euros –avec lesquels de toute façon on n’a plus rien– mais des hommes et des femmes libres.
J’aurais vraiment du avoir le courage d’y aller.
Secouer toutes ces vaches à lait qui vont sciemment à l’abattoir.