J’achète donc je suis. Je possède donc je jouis. Je consomme donc je vis.
Société de consommation…ou Fabrique à bonheur. Comme le chante Souchon, on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir, d’en avoir plein nos armoires.
Moi je dis, on nous ferait surtout croire qu’on est libre. Mais quel est l’usage fait de ce mot ? Le talent des capitalistes, des assoiffés de fric, des mégalos, qui ont tous quelque chose à nous vendre, c’est de nous endormir pour mieux nous convaincre que liberté rime avec acheter, dépenser, consommer.
Dernier outil indispensable à votre liberté : la télé sur téléphone portable. Et ces chinois au JT qui sont fiers de marcher tête baissée, partout, leurs petits yeux bridés rivés sur leur (petit) écran, quand jusque là seul leurs concurrents japonais disposaient de cette technologie si sophistiquée.
Combien de veaux ont pu baver devant leur télé à écran plat ce soir là, complètement frénétiques face à l’objet, déjà persuadé que c’est celui qui manque à leur panoplie pour exister vraiment ? Un étudiant chinois se gargariserait presque, de regarder la télé sur son phone deux heures par jour ; une autre nous assure que c’est génial, surtout pour regarder toutes les émissions de divertissement.
Bravo aux fabricants, dont je ne sais même pas les noms, mais bon, un pour tous, tous pourris, pour reprendre Coluche. Oui, bravo, c’est encore gagné. Des millions de personnes vous échangent aveuglément leur cervelle contre de l’abrutissement, pour en faire de la pâté pour chats, dont pourtant même les plus affamés ne voudraient pas. Car quand on regarde Arthur (l’animateur, hein. Touche pas à mon fils), on ne pense plus à tous ces hommes et toutes ces femmes qui votent, de ce qu’il faut pour le peuple. On n’a plus envie de savoir ce qui se passe dans la vraie vie…du moment qu’on nous redonne un pouvoir d’achat décent. Le reste on s’en tamponne.
Et moi qui dis bravo…Mais ce sont les agitateurs de conscience, les vrais, que je voudrais applaudir. Je pense à Desproges sur lequel je lisais ce matin un article. Ha…si j’osais me permettre sa liberté de parole…Mais il me faudrait encore son talent et sa pertinence. Je pense également à Henry David Thoreau, avec lequel j’ai envie de conclure aujourd’hui :
L’homme sage n’est utile qu’en tant qu’il reste un homme et refusera d’être de la « glaise » ou de « jouer les bouche-trous », et laissera cette mission à sa poussière :
« Je suis trop bien né pour être possédé,
Pour être un subalterne aux ordres,
Un serviteur ou instrument utile
De tout État souverain de par le monde. »