Longue absence. Faute de temps. Et d’idées. Très incertaine aussi sur ma capacité à mettre en mot quelque pensée que ce soit.
Au creux de la vague ; envie de m’y blottir, de m’abriter sous l’ombre de l’eau, et regarder l’écume filer.
Si elle est source de joies, de rires et de bonheurs, la maternité me rend aussi par moment inquiète et nostalgique.
Je ne doute pas de ma capacité à être mère, mais je réalise à quel point cette expérience risque de faire de moi une personne nouvelle. Je sais à peine comment mener ma propre barque, je dois ramer comme une galérienne pour tout ce que j’entreprends, et voilà que je suis investie de ce rôle : élever un enfant. Et je sais que fatalement, ça arrivera, mais je voudrais ne pas le décevoir. Je me sens déjà tellement loin de lui lorsqu’il pleure et que je ne sais pas le rassurer…
23 ans, encore totalement ignorante de qui je suis. Une sacrée nombriliste, certainement. Mais tout le reste ? J’ai vécu sans trop me poser de questions. J’avance sans me fouler sur un chemin balisé, sécurisé. Où est passé mon grain de folie ? Pour quoi je vis, sinon pour Arthur, en ce moment ? Qu’est-ce qu’il va faire d’une mère qui se transforme en coquille vide ?
Au creux de la vague, mais plus sèche que l’écorce d’un arbre mort, je finirais bien par me réveiller.