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Des nouvelles du front

 

10 minutes. C’est le temps qu’ils ont décidé de me laisser aujourd’hui.

Dix minutes de sommeil synchro.

Antoine morfle grave depuis vendredi avec la varicelle que je guettais depuis la cicatrisation des boutons de son frère. Et le jour où j’ai osé prononcer tout haut : « je sens qu’il va passer à travers ! » j’ai vu son premier bouton. Je le sais pourtant, qu’il y a des choses qu’il ne faut jamais dire sous peine qu’elles vous tombent aussitôt sur le coin de la gueule.

Autant Arthur ne s’en est pas trop mal tiré, autant le cadet a prit cher. Il était ravagé ce weekend. Et là, tout naturellement, alors qu’il n’y a plus de nouvelles sorties de boutons, il enchaîne avec une petite gastro. Ca tombe bien, on va voir les grands-parents cette semaine, c’est le moment ou jamais de nous prouver à quel point il est généreux.

Voilà, que dire que je n’ai pas déjà raconté cent fois ici ?

Je suis une serpillière à vomi, en même temps que je suis l’endroit idéal pour se lover et s’endormir. Je suis un super moyen de transport pour se déplacer dans la maison, je suis pleine de cheveux à tirer et de peau en trop  à malaxer. Je suis le pitre et l’hystérique, je suis douceur, tendresse et compassion. Je suis surtout sa maman, et ça, Arthur ça l’embête au possible.

Je ne vous ai pas dis d’ailleurs, qu’Arthur a décider de développer aussi le génie qui est en lui et pas seulement le bourrin qui m’a encore jeter un grand coup de coude dans l’œil l’autre jour.

Si si, ça y’est, depuis début octobre il s’est lancé, et on compte 19 mots à son vocabulaire ! (Ben oui, je les ai répertoriés ; depuis le temps que je les attendais, fallait bien noter ça dans un carnet) Et même des phrases de 2 mots.

Il a comprit comment faire de moi son esclave : « iens mamôn, iens ! » (viens maman !),  « enco mamôn ! » (encore maman)…

Et donc depuis hier que j’ai Antoine greffé à mon bras, il m’entraine vers son lit, et dit : « dodo ça » (« ça » c’est son frère…) genre aller débarrasse-toi de ce baveux inutile et vient jouer avec moi.

 Diapositive2

 

 

C’est vrai qu’Antoine se complait dans son état de mollusque, quand même… Si par malheur il se retrouve à plat ventre c’est la fin de tout, il enclenche la sirène et les voyants rouges jusqu’à ce qu’une bonne âme le sauve de cette situation impossible. Arthur le fascine plus que tout, mais c’est pas pour ça qu’il se décide à faire un rampement vers lui. Il se contente de le dévisager dès qu’il est dans son champ de vision (cf la photo du mois d’octobre en noir et blanc, la bouche bée et le regard éberlué…)

Je crois qu’il est fatigué rien qu’à regarder Arthur courir, hurler, se vautrer, papillonner… c’est sans doute ça qui le décourage de bouger ne serait-ce qu’un genou.

C’est un contemplatif.

Qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous, pas vrai ?

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Et puis sinon, dans la même veine des phrases maudites, il y a celle-ci : « allez, on va vite se préparer à sortir, il s’est arrêté de pleuvoir ! » Sur qu’une fois en bas de l’immeuble, la pluie tombe à nouveau. Quand j’ai fait 4 aller-retour du genre dans les escaliers, chargée comme un mulet, je vous assure que ça déculpabilise d’avoir reprit 5 fois du brownie.

Tout ça pour dire, finalement, que 10 minutes de solitude, sur une journée de 14 heures à rester cloitré, ça fait pas assez. Oh non. Pas assez du tout.

Quand ces dix petites minutes sont passées, que la journée reprend son cours et qu’après leur sieste il n’est que 13 heures et des poussières la perspective des longues heures à venir est une torture mentale. Parce que je sais que lorsqu’ils seront couchés, à 20h30, j’irais bientôt faire pareil. Parce que si je n’avance pas mes projets personnels pendant la sieste, je dois reporter au lendemain. Et le lendemain en ce moment, c’est une chimère douloureuse.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, à un moment donné, je suis passée de l’envie à l’acte : j’ai abandonné. J’ai commencé à chialer.

Et puis Arthur est arrivé. En ce moment, on joue à imiter la tristesse, et il en redemande. Cette fois il a comprit que c’était pas de la comédie, il a eu une moue désemparée qui m’a fait réaliser que je devais me ressaisir tout de suite, parce que les rôles s’inversaient. C’est là que j’ai douté.

Mère célibataire (la semaine) et au foyer, je n’ai définitivement pas les épaules pour ça.

Et comme pour rallonger la liste de tout ce que je ne ferais probablement jamais, je me suis dis qu’il faudrait vraiment que j’écrive un article pour parler de mon admiration face aux mères au foyer pour qui c’est une vocation (si l’on peut dire…)

 

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P
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C
<br /> <br /> en réponse au "papa absent" et à son article-aveu du 11-11-2010 (ben oui, finalment, j'ose, je pense qu'il le mérite): .....Le choix de s'éloigner de ton foyer si douillet et si<br /> plein de vie pour essayer de gravir quelques échelons de plus dans le métier que tu as choisi n'est ni égoïste ni négatif ni facile!!! Ce choix et ce qui en découle est sûrement dur pour ta<br /> famille en ce moment, mais aura forcément des retombées positives d'ici quelques mois, forcément! Et ta si charmante compagne, et  tes deux adorables petits monstres, seront forcément très<br /> fiers de leur compagnon et papa. Et il vous restera toute la vie pour rattraper ce temps qui n'est pas perdu complètement : Anne-Claire n'aurait peut-être pas autant d'énergie à créer des<br /> mises-en-scènes époustouflantes de fantaisie et mettre autant de si jolis souvenirs en boîte si au fond d'elle-même elle n'avait pas cette envie de t'épater et de te permettre de garder ce lien<br /> si précieux à portée de tes yeux... et nous en profitons tous! et ce n'est que du bonheur!! ... ...Je connais quelques papas, dans cette vallée reculée, qui auraient l'immense joie, si seulement<br /> ils en étaient conscients, de partager la vie de leur famille, de leurs enfants, de les voir grandir, de vivre plein de bons moments avec eux, mais qui ne le font pas, qui restent centrés sur<br /> leur nombril, même en étant tout près de leurs chères têtes blondes, centrés sur leur travail, leurs bricolages, et quand ils rentrent dans ce foyer tout proche, la seule envie qu'ils ont c'est<br /> d'avoir la paix. Ils sont là au jour le jour mais ne regardent pas leurs enfants grandir, ne partagent rien avec eux hormis des repas trop tendus. Je ne serai pas plus longue, mon but étant de te<br /> dire que tu ne dois absolument pas culpabiliser, parce que ce qui compte c'est l'amour que tu portes à ta famille, que tu leur donnes quand tu as la chance de pouvoir être auprès d'eux. Ces longs<br /> mois loin d'eux ne sera bientôt qu'une petite parenthèse dans tout ce qui vous reste à vivre ensemble. Alors courage à vous tous!<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Bravo Claire (c'est ma copine) écris aussi sur quand les enfants deviennent grands...et au'on ne les voient plus, ou que ta fille veut la pilule ou que tu trouves des clops dans leurs poches???<br /> Mais là nous parlons comme des mères d'ados...<br /> <br /> <br /> En attendant, Anne-Claire, moi aussi j'ai été  femme au foyer quand mes enfants étaient petits, moi aussi j'ai galéré, sans moment à moi, au bord de l'épuisement, rêvant d'une<br /> sieste et d'une nuit complète... et en même temps j'étais pleine de ressources, mère courage et consciencieuse comme toi quand tu as réagi, en larmes devant ton fils...mais je ne regrette pas ce<br /> temps passé avec eux, la complicité, le partage, les rires, les goûters, les câlins, d'avoir été là à chaque progrès, à chaque nouveau pas et être aujourd'hui bourrée de souvenirs, tout ça est si<br /> vite passé même si la semaine ou la journée me paraissait longue.<br /> <br /> <br /> Courage et haut les coeurs<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> je te rejoins tout à fait sur les petits moments chaques jours partagés, qui font des souvenirs pour plus tard! les petits ont ce talent inconnu d'eux-même de nous<br /> réchauffer le coeur sans qu'on s'y attende, de mille façons différentes, et je savoure intensément ces instants là dès qu'ils se présentent. ils sont la certitude que tout n'est pas<br /> vain.<br /> <br /> <br /> merci beaucoup pour ton message!<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> bonsoir  Anne-Claire , j'en profite pour te dire que ton Blog est extraordinnaire de punch, de légèreté, d'humour et d'originalité, ou comment tourner en dérision tous les moments pas<br /> très drôles de la vie quotidienne, avec 2 jeunes enfants pleins de vie et de rebondissements... Je n'ai pas tout lu encore, j'en garde un peu pour plus tard quand j'aurai besoin d'un bon<br /> coup de fraîcheur...:c'est l'idéal! Pour ce soir je voulais te dire, suite à ton coup de mou du 10, que si si si je t'assure, dans quelques années (que tu n'auras pas vues passer,<br /> forcément), tu vivras ce petit miracle délicieux d'avoir du temps pour toi et toi seule, et des heures devant toi pour vaquer à tes envies et tes passions, si si je te l'assure, quand ils<br /> sont petits on ne peut pas croire que ça arrivera, mais voilà, ça arrive, et c'est si bon! Comme c'est si bon de regarder nos enfants devenus grands et si beaux et de se dire qu'ils sortent de<br /> nous, que ça a peut-être été un peu la galère, que c'est pas encore toujours rose, parce que "petits enfants, petits soucis,...grands enfants, grands soucis", c'est bien connu, mais qu'on est<br /> quand même vachement fiers de ce qu'ils sont devenus, et que voilà, ils méritaient bien quelques années de... comment dirais-je...tumulte?<br /> <br /> <br /> très amicalement, Claire.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> merci Claire (toutcourt ^^)<br /> <br /> <br /> merci pour les compliments du début, qui sont pour moi un encouragement à continuer, et à faire mieux, encore! et merci pour le reste! c'est vrai que ce 10 novembre,<br /> en prenant du recul, ma situation me parraissait insurmontable, j'étais trop découragée. heureusement il y a des personnes comme toi, comme Marie (dont je viens de lire le commentaire et qui a<br /> l'air d'être ton amie!), et comme des proches qui sont déjà passées par là et qui ne font que confirmer ce dont je ne doute pas au fond de moi; à savoir qu'un jour, il y a une accalmie, les<br /> petits deviennent un peu plus autonome et on retrouve du temps pour soi.<br /> <br /> <br /> je suis encore loin de la sagesse qui me permettrait de relativiser ma situation quoi qu'il arrive; mais même dans mes jours de désespoir, j'ai conscience de ma<br /> chance d'être là pour eux. c'est sans doute un bon début?!<br /> <br /> <br /> au plaisir!<br /> <br /> <br /> <br />
U
<br /> <br /> Courage ma belle, tu as toujours su faire face aux tirs de couches et de projectils divers de l'ennemi, ce n'est pas un méli-mélo de varicelle et de gastro qui vont te faire rendre les armes! Tu<br /> es plus forte que ça en toi, je le sais...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> merci ma chérie pour tes bons mots métaphoriques! quand je pense que toi aussi tu as signé pour cette putain de guerre, je me dis que tu es aussi insouciante que les<br /> soldats de celle de 1914 qui pensaient partir découvrir du pays! mais au moins je me dit qu'ensemble, on va y aller la fleur au fusil!<br /> <br /> <br /> <br />