Si comme moi vous aimez répondre à des petits questionnaires sur vous-même avec le plaisir de laisser s’exhaler votre personnalité et avec la sensation d’être une personne originale et
unique ;
Si, comme moi, vous êtes un bon samaritain doté d’un sens du sacrifice exceptionnel -ou presque- ; que vous regrettez –ou non– de ne pas avoir intégrer les scouts, étant enfant et qu’une BA ne ferait pas de mal à votre réputation ;
Si, toujours comme moi, passée l’envie de lui mettre un gros coup de pelle dans la tête, vous avez un tout petit peu de compassion pour Roselyne Bachelot ;
Si, surtout, vous avez du temps à perdre ; alors pourquoi, plutôt que de facebooker pour parler à tous vos amis de votre pet coincé, n’iriez-vous pas sur NutriNet-santé leur raconter dans les moindre 50 ou 100 grammes de tarte aux poireaux et autre que vous avez mangé hier soir ?
Oui, d’accord, il peut y avoir 1000 bonnes raisons.
Pour tous ceux qui n’iront pas voir le lien (et comment vous en vouloir ?) Nutrinet santé, c’est une étude qui a été lancée il y a quelques mois, ne me demandez pas non plus d’être précise hein, et qui va durer 5 ans (à priori) pour analyser les comportements alimentaires et leurs effets sur la santé, ou quelque chose dans ce goût là.
Les participants doivent répondre à des questionnaires, qui leurs sont proposés plus ou moins régulièrement. Ca ne prend pas énormément de temps, mais demande quand même d’être un minimum disponible.
Les questionnaires portent sur la santé générale du participant, sur son rythme et sa qualité de vie, sur ses habitudes alimentaires, sa vision du bio, etc…Mes petits préférés, jusque là ce sont les trois jours tirés au sort où j’ai du noter tout ce que j’avais bu et mangé dans les dernières 24 heures, avec détails sur la marque des produits et la quantité ingurgitée. Je pense que les scientifiques qui lisent et comparent mes réponses doivent me prendre pour une sacrée mytho, étant donnée les quantités folle de choc que je mange dans une journée, et le poids que j’ai indiqué…Je cache assez bien mon jeu, c’est pour ça (mais ils ne m’ont pas demandé mon tour de taille aussi, alors bien sur…) ; parce que s’il est une chose que je ne sais pas faire, c’est tricher pour les questionnaires. Je ne pourrais pas encore recevoir le prix Nobel de l’honnêteté (il me reste toutes mes chances, puisqu’il n’existe pas encore) mais je ne sais pas mentir sur les tests et autres questionnaires. C’est mes parents qu’il faut féliciter, vous devriez voir tout ce qu’ils ont sué pour m’éduquer.
A ce stade de la lecture, on se demande où je veux en venir. A force de digressions, moi aussi. Mais vu tout ce que j’ai écris déjà, je vais aller au bout (encore inconnu de moi) je vous assure, car depuis qu’Arthur dort, je suis sur ce papier, et j’ai horreur de gâcher du temps libre (c’est tellement rare, depuis que je suis seule toute la journée avec ce petit monstre)(qui dort si paisiblement à côté de moi sur le canapé…un ange). C’est débile, certainement, mais moi je trouve que je m’en sors encore pas si mal, pour selon que j’ai pas écris depuis deux mois. Okay ?
Pourquoi si je suis tellement désabusée par rapport à cette étude, est-ce que je prends la peine d’y participer ? Et pire encore, de vous en parler ? Alors que je vous assure, dès que je vois un questionnaire, je suis une vraie fille, gamine, naïve, idiote ou je ne sais pas quel est le mot exact ; je me sens importante, où tout du moins digne d’intérêt, car c’est à moi qu’on demande de répondre. Enfin pour être plus juste, ça c’était il y a quelques années (je vais avoir 25 ans, merde). Mais c’était vrai même pour les QCM à l’école, j’en raffolais, une vraie barge. Sauf que y’en n’avait quasi jamais. Maintenant, quand on me demande de remplir un questionnaire, c’est souvent à des fins commerciales, et là, je suis beaucoup plus sceptique. Je fais la fine bouche. Je choisi. Je choisissais, en tout cas, car le dernier représentant de France Loisir qui est venu frapper à ma porte a fini d’achever ma crédulité, à grands coups de crétinisme lorsqu’il m’a demandé quel était le livre que je lisais à ce moment et qu’après m’avoir fait répéter le nom de l’auteur il m’a répondu tout naturellement qu’il n’avait jamais entendu parler de ce bouquin prix des libraires d’il y a deux ans, j’ai nommé L’élégance du hérisson. Oui, je sais, c’est triste. Mais c’est un représentant, pas un type qui a fait des études dans le milieu qu’il représente, nuance.
Bref (c’est moi, où ça devient long ?)
Pourquoi donc me suis-je inscrite ? Pour les 4 raisons susdites (si si, au tout début) donc, et puis j’ai envie de demander, pourquoi pas, aussi, non ?
Mais ce matin, je reçois un nouveau questionnaire, et là je me dis que ça va trop loin. On a entendu récemment cette nouvelle volonté du gouvernement d’afficher plus de transparence sur les emballages des produits. Non pas pour voir à l’intérieur, mais pour savoir ce qu’il y a dedans. Non, c’est pas pareil. Et je me suis retrouvée à devoir donner mon avis sur le meilleur système d’étiquetage, parmi ceux proposés. Heureusement l’étude n’étant pas complètement bâillonnée par l’état où la grosse bouche outrageusement rose de Roselyne, il reste une certaine liberté pour donner son vrai avis ; c’est-à-dire que tu peux encore cocher « non » à la question « aimeriez-vous trouver ces étiquettes sur les produits ? » Ce qui est regrettable, c’est l’absence d’interaction, en l’occurrence d’un endroit où ajouter ses propres commentaires, pour justifier ses réponses, et dire par exemple que je ne veux pas être infantilisée ni culpabilisée par ces petites étiquettes me signalant que ce produit est moins riche en sel que celui là, alors que je n’ai pas les moyens d’acheter le meilleur. Par exemple.
C’est bien là tout le problème, je pensais avec cette étude pouvoir donner mon avis alors qu’on ne me demande qu’une opinion. Choisir entre le pire et le moins pire. J’ai eu l’impression d’être en mai 2007 et de ne pas avoir quitté mon isoloir. Preuve que je ne tire jamais aucune leçon et que quand j’ai dis « la prochaine fois je m’abstiendrais » je ne m’écoutais une fois de plus pas parler.
Alors voilà, mon ambivalence et moi on s’interroge.
Que faire ? Continuer de participer à cette étude, tout en sachant que je n’influencerais rien ni personne, et en plus pour répondre à des questionnaires qui se tamponnent pas mal de la pensée individuelle, et sont biaisés et calibrés pour que quelque soit la réponse, ça ne les empêche pas de faire ce qu’ils avaient prévu ; où alors arrêter tout de suite pour rester en accord avec moi-même, sachant que par ailleurs, tous les jours je passe au dessus de certains de mes principes ??
Etes-vous :
Tout à fait d’accord
plutôt d’accord
ni d’accord ni pas d’accord
plutôt pas d’accord
pas du tout d’accord
Vous pouvez répéter la question ?