Pendant que les dentistes nous plombent au mercure ; que des « vrais gens » vendent leur image pour 50 euros et un tee shirt ; que les indiens de Patagonie vivent comme des étrangers sur leur propre terre ; et pendant que Canteloup fait rire les vieux…Moi je rêve du prince charmant.
Chevauchant nos destriers, on galoperait au secours du peuple Mapuche. Moi je tirerais sur ces fucking bastard de Benetton pendant que Johnny (mon prince s’appellerait comme ça) ferait tomber sa chemise. On ferait sauvagement l’amour, et plus tard, on aurait plusieurs bébés. Qui s’amuseraient dans les grandes étendues vertes au milieu des moutons. Entre temps, les Mapuche nous auraient acceptés au sein de leur clan, et nous formerions une tribu atypique et heureuse, à l’abri de la folie des hommes.
Johnny serait un père exceptionnel, un ardent amant, et un ami attentif et dévoué.
Je sais que quelque part, surement sous le yaourt, Jérôme cache un Johnny Depp. Mais sous couvert de faiblesse, il se révèle parfois un sacré traître.
Et son sourire nigaud en revenant du magasin de jouet signifie trop ouvertement pour moi : « t’étais pas là…J’en ai profité ! » Comme un gosse trentenaire qui te met devant le fait accompli.
Parfois j’ai l’impression de n’être qu’une castratrice avec mes principes à deux balles. Qu’est-ce que Johnny penserait de tout ça ?
Johnny il aurait pas des goûts de chiottes. Il aurait jamais acheté un pseudo avion à roulettes, en plastique stérilisant, aux bruitages assourdissants et aux peintures racoleuses.
Jamais.
Never !
Mais Johnny, il a déjà fait sa vie. Et en vrai il est encore plus vieux que Jérôme.
…
J’aurais été prête à apprendre l’anglais pourtant.
(Soupir)
A la place, j’apprendrais l’abnégation.
Oui, c’est ça. Disons plutôt Jérôme, prend garde à toi. Je vais
bientôt me révéler. Et là, ça va saigner !