Mercredi 15 février 2012
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Si mes mains n’ont pas toujours été un complexe, je peux quand même dire qu’elles ne sont pas faciles à porter, au bout de mes bras ballants.
C’est un fait, je suis bien membrée de la menotte. Les doigts longs et la paume généreuse.
Bien sur, je peux me targuer de ma capacité à dépasser l’octave facile au piano, mais ça ne fait pas de moi le féminin de Franz Liszt.
Je peux aussi narguer la plupart des mecs, ils ont tous des mains plus petites que les miennes ; mais franchement, c’est pas avec ma délicatesse légendaire que
je vais devenir menuisier. Et puis, va chercher une écharde au fin fond de la couenne d’une paluche comme celle-là…
Merci papa pour ce patrimoine hors norme ; quand je fais les marionnettes aux minots de la crèche, ils font tous demi-tour à quatre pattes. Les rares qui
restent sont solidement fixés au transat et la supplication n’est que trop vive dans leurs grands yeux candides et ronds… Bourreau d’enfant !
Non au quotidien c’est juste pas possible. Et tu sais que chez Mapa c’est des gros sexistes ? Je ne passe pas la main dans la taille L. Alors non seulement
c’est un coup dur de plus à encaisser, quand tu chausses déjà du 40 en pliant les orteils et que tu ne peux même pas compter sur tes deux autres extrémités pour te croire femme fine et
délicate ; mais surtout, vive la parité de la vaisselle chez les ménages !
Et puis je me vois déjà en milieu hospitalier, à suer sang et eau pour enfiler un gant de latex taille médium, crier victoire et agiter le bout de mes doigts moites
dans les extrémités percées, courir en réserve chercher la boîte taille plus large, et trouver la poche à urine explosée en revenant faute d’avoir été trop pleine trop longtemps. Ça fait
mauvais genre…
Si on ajoute à ça le fait que je me solutionne hydro-alcoolique les mains 15 fois par heure au boulot rapport au fait qu’il n’y a que des morveux là-bas, et que je
me mouche moi-même à peu près autant, on obtient de belles grosses mains rouges, crevassées et ultra abrasives, capables de poncer le plus pourri des parquets en bois.
Finalement, j’ai envie de dire « j’aime »,
c’est plus politiquement correct qu’un bon vieux « fuck »...
… oups !
...ce que vous en dites...