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Je me crois en enfer, donc j’y suis. [Rimbaud]

 

Jeudi dernier, y’avait grève, à la crèche. Je voulais écrire un article, genre « Sarko m’a tuer » parce qu’à cause de la volonté de son gouvernement à donner moins de moyens aux structures d’accueil, je me retrouve à devoir garder mon gosse même le jeudi. Mais bof…j’ai manqué de motiv’.

Et puis j’ai publié un autre texte à la place, qui a bien moins fait l’unanimité que le reste de mes articles sur ma folle petite existence de jeune mère au foyer. Faut dire que c’était couru d’avance. Ma vie quotidienne avec deux enfants en bas-âge versus la pathétique A. qui sait même pas garder un mec, je comprends, y’a pas photo.

Aujourd’hui j’ai eu cent fois l’envie de baisser les bras. A un moment donné, j’ai même cru que j’allais m’asseoir par terre, en plein milieu de la ruelle qui longe la crèche, et me mettre à pleurer, la tête dans les mains. Mais il n’y avait personne autour, et jouer une scène dramatique sans public, j’ai plus tellement vu l’intérêt.

La journée a commencé comme tous les jours depuis 24 jours, avec les soliloques d’Arthur, et les bruitages d’Antoine qui s’entraîne pour le prochain concours de human beatboxing. A 6H37.

Jusqu’à 10 heures, rien ne pouvait me laisser penser que j’en arriverai à envisager la fabrication de bombes artisanales pour accomplir mes petites vendettas. Sauf peut-être les pleurs incessants de mon plus jeune.

Arrive donc l’heure de la sieste d’Arthur, et avec elle, la première couille dans le potage. Le doudou est porté disparu. Mais Arthur fini par s’endort quand même.

A 13 heures, j’ai retourné l’appart’ 3 fois, et toujours aucune trace de cette vieille culotte de lapin. J’en ai ma claque de regarder sous tous les meubles et dans tous les placards, surtout que je me souviens de l’avoir posé quelque part, mais je ne me rappelle plus l’endroit (ha ha ha) et je me sens donc terriblement inutile. Un qui l’est encore plus, c’est Arthur, qui me réclame son doudou, à grand renfort de gestes et signes que seuls les initiés comprennent. Mais il se garderait bien de chercher avec moi. J’essaie de lui mettre la pression en lui disant que dans une heure il sera à la crèche, et qu’il ne sera pas question à ce moment là de crise de larmes pour cause d’objet transitionnel manquant.

Autant pisser dans un violon, quoi.

13H50, j’ai la haine, Antoine s’était enfin endormi, et faut qu’on parte…

14H05, après 10 minutes perdues en tentatives d’enfiler le sling pour y glisser Antoine, je me retrouve avec un truc approximatif où j’ai quand même à soutenir sa tête ballotante, mais plus le temps de faire mieux, on est déjà à la bourre. (Et on ne rappellera pas le but du sling qui est de porter son bébé tout en ayant les mains libres, non, on ne le rappellera pas). Je suis dans un état de nervosité assez avancé en arrivant à la crèche, d’autant plus qu’on n’a pas retrouvé le doudou.

La porte de la crèche, c’est le lieu d’échange entre le personnel et les parents. Il semblerait qu’ils aiment cultiver ce petit côté rétrograde. Internet, les mails, le téléphone…pourquoi, quand on peut afficher l’info sur une bonne vieille porte vitrée ? Donc c’est par un petit mot que j’apprends qu’ils sont en vacance cette semaine. C’est pas comme si le directeur m’avait appelé 6 jours avant pour me prévenir de la grève du jeudi, et qu’il m’avait confirmé alors « à lundi ! »

Faute de mieux, on se rabat sur le parc. Arrivé sur place, c’est pile le moment où deux nanas de l’entretien sont entrain de faire leur boulot. Putain, en plein milieu des vacances d’avril, au moment où il y a le plus de gosses ; faut être con…

Je compte jusqu’à dix…

Arthur est pas loin d’être ingérable (tu m’étonne, il a vu le toboggan, et moi je lui fais faire demi-tour…) et je suis chargée comme une mule, à cause que j’ai voulu récemment me la jouer tendance en m’achetant un sac XL. Tendance, avec deux gosses dans les bras, c’est juste incompatible, en fait.

Je dois passer à la pharmacie, j’ai plus de crème pour les vergetures.

« C’est l’action intensive qu’il vous faut ? » hurle la préparatrice depuis l’arrière-boutique, pour que toute la pharmacie visualise les tranchées qui me ravagent la bedaine… Arthur n’a plus de crème non plus, lui c’est pour la peau extra-sèche d’un blondinet aux yeux clairs ; et je suis à court de liniment pour graisser le petit cul d’Antoine. Arthur est fidèle à lui-même, donc juste insupportable, mais la préparatrice lui offre quand même un jeu de quilles. Ca se voit qu’elle a pas d’enfants, celle-là. Ni de chien. Parce que le système de la récompense, normalement c’est quand l’animal a été sage. Elle va voir, la prochaine fois qu’on revient… !

Dans le hall, je prends le courrier et il n’y a qu’une enveloppe de la CAF, alors que ça fait 15 jours qu’on attend de La Poste les timbres personnalisés qu’on a commandé.

3 étages plus tard, je me déleste avec bonheur, et ouvre le courrier frénétiquement en espérant qu’on m’annonce le pactole, après 4 mois passés sans qu’ils ne m’aient versé un cent. Au lieu de ça j’apprends qu’ils ont recalculé mes droits depuis que j’ai un deuxième enfant, et, magie de la comptabilité, je perds 50 euros par rapport à ce que j’avais jusque là. Si c’est comme ça, je rends Antoine, moi.

En réalité c’est plutôt mon sac XL que je vais devoir renvoyer, si je continue de signer des chèques en bois.

Il n’est que 15 heures, j’ai fais le deuil de mon après-midi. Je pense que dans l’année, j’aurais le temps de finir les faire-part, et même de les envoyer (il y a une boîte aux lettres à côté de notre porte, facile). Depuis que j’ai deux gosses, je réalise tout le temps que j’avais, avant. Maintenant, j’ai l’impression de courir à côté de ma vie. De la voir filer à grande vitesse avec angoisse parce que je n’arrive pas à en reprendre le contrôle. C’est comme si je fonçais comme une dératée à côté d’un train en marche, tout en fixant la porte ouverte d’un wagon dans lequel il faut que je saute ; sans y parvenir, alors que je ne dois absolument pas le rater…

C’est vers 18 heures, quand la journée est vraiment finie, que j’ai eu un tilt. Du dernier endroit où pouvait être le doudou, avant qu’on en arrive à rouvrir le sac poubelle pour fouiller dedans. Et c’était bien ça. Arthur l’avait rangé dans le petit bac à embouts de l’aspirateur.

Logique.

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F
<br /> <br /> Bonjour Anne-Claire,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et toi, comment vas-tu ? Tu survis avec tes 2 petits ?<br /> <br /> <br /> Ici, ça va. Il est vrai qu'avec un nourrisson, on n'a plus bcp de tps pour moi. Enfin, je m'y étais préparée donc ça va. C'est surtout les soirées qui me manquent. Le soir, ma fille n'arrête pas<br /> de réclamer la tétée, d'abord pour boire, puis pour le côté affectif. J'aime bien mais je ne fais rien d'autre. Enfin, ces derniers tps, elle s'endort vers 22h, parfois avant, parfois après.<br /> <br /> <br /> Les 2 grands sont supers avec elle et ne me réclament pas plus pour l'instant. Le plus chaud, c'est quand je veux mettre les 2 grands au lit. A ce moment, elle pleure souvent. Alors, je dois un<br /> peu la laisser pleurer le tps de la toilette du soir, elle tète pdt que je lis l'histoire, elle pleure pdt que je leur fait leur câlin, puis ce qu'ils préfèrent, c'est quand je les mets au lit,<br /> ils ont droit à avoir leur petite soeur à côté d'eux sur l'oreiller pdt quelques minutes. C'est un moment adorable !<br /> <br /> <br /> Voilà le résumé de la situation. Beaucoup de bonheur, j'essaie de dormir le plus possible, de faire des sièstes avec elle pdt la journée quand les grands sont à l'école. C'est ce qui me permet de<br /> tenir le coup.<br /> <br /> <br /> Bonne chance à toi !<br /> <br /> <br /> Bisous à toi et à tous tes loulous !<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> whaou, 22 heures! Je comprends que tes soirées puissent te manquer! Moi aussi elles me manquent, mais c'est parce que je suis tellement naze quand arrive le soir,<br /> qu'a 21h30 je suis bien souvent déjà couchée!<br /> <br /> <br /> Et le papa, il est heureux aussi? Il peut t'aider?<br /> <br /> <br /> Merci pour ces bonnes nouvelles! Bisous!<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> trop belles les photos d'avril!!!  :)<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Comme je compatis! Etr pourtant je n'en ai qu'un pour l'instant.<br /> <br /> <br /> Je te souhaite plein de courage et dis toi que certes c'est difficile en ce moment car Arthur n'est pas encore autonome mais vous rattraperez les bons moments dans quelques temps sans compter la<br /> complicité qui va lier des deux p'tits hommes.<br /> <br /> <br /> Sinon, est-ce que quelq'un peut venir t'aider? Grands-parents, amies? Tu es d'où? Du sud je crois, dommage (suis du nord), sinon, je serais bien venue te filer un coup de main à emmener Arthur<br /> jouer avec le mien pour souffler avec Antoine.<br /> <br /> <br /> Pleins de bisous de réconfort et pense à demain!<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> fiouuuu pardon, je suis à la bourre dans mes réponses!!<br /> <br /> <br /> Oui, je compte sur les bons moments quand Antoine sera un peu plus grand et qu'ils joueront ensemble!<br /> <br /> <br /> Non, je suis en Haute-Savoie. Merci pour la proposition d'aide, m'enfin ce serait quand même salaud de te "refiler le bébé"! Au contraire, profite que tu n'en a<br /> qu'un!!<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> Euh, mon mari est arrivé 5 min avant l'arrivée de la petite, pas 5 cm !<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Le coup de pouce, c'était des comprimés (un truc light) pour faire remettre en route les contractions car j'étais déjà à 5 cm d'ouverture et col complètement effacé. Ds ce cas, ça aurait été<br /> risqué de me laisser rentrer chez moi, je ne sais pas si je serais arrivée à tps à la maternité. D'ailleurs, le tps d'appeler mon mari, qu'il dépose les enfants chez des voisins et qu'il arrive<br /> et la petite était presque sortie, il est arrivé 5 cm avant son arrivée et la sage-fe et la gynéco encore après lui mais avant elle qd-même.<br /> <br /> <br /> Sinon, pour ma fille, il n'y a eu aucun coup de pouce, ni pour la grossesse non plus, c'est du 100% naturel. Nous avions décidé de garder la surprise quand au sexe du bébé, ce qui fait que pdt 9<br /> mois, j'ai cru porter un garçon (oui, j'étais persuadée qu'on ne savait faire que ça !), donc quelle belle surprise le jour J. En plus, à la naissance, ma sage-femme m'a tout de suite dit<br /> "Françoise, prends ton bébé", ce que je fais, on lui a mit une couverture et pdt 15 min, son papa et moi l'avons découverte sans savoir si c'était une fille ou un garçon, et toute l'équipe<br /> médicale n'avait pas eu le tps de voir. C'était magique, vraiment très beau. Surtout après la douleur de l'accouchement sans péri (mon choix).<br /> <br /> <br /> Voilà le récit, bonne journée.<br /> <br /> <br /> Au fait, tu peux dire "tu".<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Je m'apperçois que je n'avais même pas répondu à ton com alors que j'étais persuadée de l'avoir fais! Excuse-moi!<br /> <br /> <br /> Je voulais quand même réagir sur cette description de ton accouchement! Ce doit vraiment être magique de découvrir le sexe de son bébé seulement le jour de<br /> l'accouchement! Si on en avait un troisième, je pense que je ne voudrais pas savoir non plus. Et quel étonnement encore plus grand ça à du être pour vous en apprenant que c'était une petite<br /> fille!!<br /> <br /> <br /> Comment ça se passe? Tu vas bien? Et ta petite? Et les deux grands, comment réagissent-ils?<br /> <br /> <br /> <br />