Je déprime sec depuis 3 jours ; ici les journées sont longues et sans surprises ; pluvieuses aussi, depuis lundi.
Je n’ai rien de particulièrement intelligent à faire, et à force de me laisser sombrer dans le néant, je ne trouvais plus à quoi me raccrocher pour me sortir de cette condition misérable de loque humaine, enceinte, de surcroît.
Bienvenue dans ma vie de maman, j’ai envie de dire.
Et puis cet après-midi, au parc, une idée m’est venue, alors que je me tapais la honte pour la nième fois de ma vie.
Comme dans les mois qui viennent j’ai peur de ne pas avoir grand-chose de plus que des anecdotes à vous raconter, je décide de créer aujourd’hui une nouvelle catégorie dans laquelle je rangerai tous les articles de grand déballage de situations embarrassantes dans lesquelles je me trouve, régulièrement. Me manque plus qu’à trouver un titre.
- Ma vie, mes loose –genre je suis encore une djeun’s dans le vent ;
- Mes petites humiliations –plus bourgeoise pudique ;
- Va te cacher –oui ; ça, non en fait ;
- Même pas honte ! –ici j’assume ma mauvaise foi.
Ou autre. Si vous avez des idées ? (que j’écouterais au moins autant que celles pour ma nouvelle bannière, mais tentez toujours)
C’est une catégorie qui va plaire aux amateurs d’anecdotes en tous genres, surtout à ceux qui cherchent la confirmation qu’il y a toujours pire ailleurs. Non non, ne me remerciez pas voyons.
On était donc au parc, seuls, à faire de la balançoire avec tellement d’ardeur que ce fichu bonnet ne voulait pas rester en place. Au moment où Arthur se lassait, Samuel est arrivé avec sa maman. Je me permets de l’appeler par son prénom car on l’avait déjà rencontré deux jours avant. Samuel a à peu près 15 jours de moins qu’Arthur, mais il sait faire de la balançoire de grand (celle sans nacelle) et dire « hop, hop » quand il en descend.
Pendant qu’on fait un peu causette entre mamans sur le banc, les deux petits tentent une approche, qui prend des allures de face à face sérieux et silencieux. Jusqu’à ce qu’Arthur se mette à taper Samuel sur la capuche.
Impossible qu’il lui ait fait mal, mais comme je me suis précipitée vers Arthur pour lui demander d’arrêter (quand même), l’autre se met à pleurer. Et rien ne l’arrêtait plus. Pas même sa mère. Franchement, ces minutes m’ont parues longues, surtout qu’Arthur était repartit de plus belle, tout joyeux, à courir partout, l'air de rien…
Le reste de ce moment passé au parc s’est résumé ainsi, en un enchainement de moi fonçant sur Arthur qui tapait un gosse (et comme ils n’étaient que 2, ils ont bien morflé).
Quelle joie immense de faire la leçon à son fils après lui avoir tapé sur la couche, et qu’il vous rit au nez avant de vous mettre une droite pile dans l’œil, devant une maman que son fils cajole sans relâche depuis une heure… (Premier de la classe, va)
Pour l’autorité, on repassera. Samuel et sa maman aussi…quand on n'y sera pas, de préférence.
Arrivent un papa, une maman et leur garçon. Arthur a encore perdu son bonnet, je le lui remets, en vitesse, alors qu’il part déjà en avant vers le toboggan. Il passe à côté de la maman qui lui dit « coucou ! » mais en bon asocial qu’il est, il continu son trajet sans même la regarder. Il passe sous les escaliers, fait un quart de tour et se paie une marche en pleine tête. Je rigole (ben oui) et lui dis de faire attention, et c'est là que la mère me dit « en fait, je crois qu’il n’y voit rien ! »
Il a le bonnet sur les yeux ; bien sur qu’il n’y voit rien. Je me disais aussi, en voyant tous ces cheveux, de dos, que quelque chose n’allait pas avec ce bonnet (rétrécit soudainement ? Arthur qui prend la grosse tête ?) Les parents ont du bien se foutre de ma gueule. Rhô la mère qui fait même pas attention à son pauvre gosse.
En attendant, il marche quand même super bien, à l’aveugle, ce p’tit con. Je suis sure qu’il l’a fait exprès pour me pourrir.
J’aurais pu avoir un enfant qui parle et veut se faire des amis ; mais j’ai celui qui frappe pour se marrer un coup, et qui n’a aucun respect pour sa mère. Soit.
C’est comme hier ; j’avais fais un crumble poire chocolat. Après avoir gouté, Jérôme se rince la bouche avec un verre d’eau (l’insulte suprême quand on sait qu’il faut qu’il ait fait 6 heures de marche en plein cagnard pour accepter de boire de l’eau) (pas grave, j’ai l’habitude). Entre temps j’avais mis du crumble dans une cuillère pour Arthur. Je la lui mets sous le nez, et à cet instant, en disant « aDaaA ?! » avec dans le regard une lueur de détresse, il tend les bras en direction du verre d’eau. Je crois que c’est évident, mon fils me déteste.
Et puis c’est comme…Allez non, il ne faut pas non plus abuser des bonnes choses. Le ridicule ne tue pas, mais en relisant mon article, je me sens quand même bien seule, et pas tellement consolée, en fait.
Alors, cette catégorie, pour ou contre ?