Je n’suis pas un cadeau. Je suis une catastrophe.
J’aimerais vous parler de moi, mais vous ne me donnez pas envie. Tous là, silencieux, caché derrière vos écrans, à taire ce que vous pensez vraiment. A assouvir votre curiosité égoïstement avant de repartir. A me lire en diagonale, ou bien consciencieusement, et puis à me juger, silencieusement.
De l’honnêteté en 2009, c’est ma résolution de l’année. Dur, la plupart du temps.
Je sais que je ne suis pas aidante. Je publie pas mal d’articles vides de sens, mais dites-le moi ! Insultez-moi, crachez-moi au visage ! Ne soyez pas condescendant et encore moins banal. Ne restez pas stoïque. N’écrivez pas pour me plaire, donnez-moi de l’honnêteté et faites que j’y crois.
Et si votre silence parle de lui-même, pourquoi me lisez-vous encore ? Mépris, indifférence, exigence, satisfaction, emportement, incompréhension, jalousie…qu’y a-t-il dans vos yeux ? Est-ce rassurant de trouver plus névrosée que la somme d’entre vous ?
Je n’suis pas un cadeau. Je déborde de défauts.
Manque de confiance, timidité, intolérance, paranoïa, asociabilité, prétention, susceptibilité, inattention ; j’en oublie, et des pires encore.
Aujourd’hui je suis un concentré du tout pour vous dire que je ne supporte plus votre apathie. Qu’attendez-vous de moi ? Des photos de mon fils ? Des images de ma vie ? Des anecdotes vous confirmant que je suis bien la fille vraiment étrange, trop pessimiste, vulgaire et à l’humour douteux que vous pensiez ? Si vous saviez le nombre de spéculations que je peux bien faire sur votre présence muette…Car oui, je sais que vous êtes là. Et pas que des lecteurs inconnus de moi ; aussi de la famille, des amies. Des amies que je néglige, et qui me le rendent bien…Enfin des hypothèses dont les deux plus crédibles et récurrentes restent quand même celle d’un passage éclair pour voir les photos d’Arthur et les articles sans textes, juste illustrés, donc un désintérêt certain pour mes écrits ; ou alors celle qui me pousse à penser que vous avez juste assez de curiosité pour lire mais aucun goût pour réagir.
Quoi qu’il en soit, je suis de nous deux la plus grande responsable, puisque visiblement je ne vous encourage pas à avoir une réaction.
Asociale chronique, je m’expose ici librement. Peut-être qu’on me découvre comme on ne me connaissait pas. Le fait est que je suis plus honnête à l’écrit qu’à l’oral où tout va si vite que j’ai toujours du mal à être entièrement moi-même.
Et du coup, comme c’est blessant, l’indifférence ; ou pire, la déception que je peux lire dans vos silences, quand j’essaie d’être entière et guette le moindre signe de votre part.
Je n’suis pas un cadeau, mais je me déballe par morceaux choisis, devant vous. Qui n’a pas de plaisir à montrer ce qu’il sait faire, avec pudeur ou arrogance ? Mais sans critique en retour, je me sens juste dépouillée. Surexposée. Détestable.
Je ne suis pas un cadeau, juste un égo en mal de reconnaissance.
Pourquoi les autres blogs ont-il droit à des dizaines de commentaires chaque jour, quand moi je fais la fête une fois tous les deux mois quand j’en récolte 9 sur un article ? Est-ce que je vous fais peur ? Laissez-moi vous donner une bonne raison d’avoir peur. Si c’est pour être faux ou m’écrire des commentaires débordants de bons sentiments, bien pensants, comme tout ce que je peux lire ailleurs alors oui, abstenez-vous. J’exige mieux de vous. Donnez-moi de votre personne bordel.
Et si ce blog était un échange de points de vue ? D’accord il faudrait pour ça du contenu dans les articles. Mais la politique ça vous saoule presque autant que moi, les livres tout le monde s’en balance, sauf ma maman qui lira Millénium à n’en pas douter, mes anecdotes de supermarché ne font rire que moi ; alors quoi ? Y a-t-il autre chose qu’Arthur, pour vous intéresser ?
Qu’est-ce que vous me voulez, à la fin ?
