Allo ? C’est Anne-Claire qui vous parle.
Sacré nom d’une pipe, est-ce que je peux en placer une ?
Je pense à toi, lecteur occasionnel, tombé là au gré du hasard, et qui, en plus de n’en n’avoir rien à carrer, ne comprends sans doute pas pourquoi une telle polémique autour d’un jouet.
C’est vrai que même les lecteurs plus assidus doivent commencer à s’impatienter.
Mais, je ne peux vraiment pas laisser Jérôme avoir le dernier mot et le beau rôle sur ce coup là. Plutôt vous emmerder tous avec un dernier article sur cette affaire, que de laisser dire des trucs à mon sujet que je renie totalement.
Fuck l’intimité Jérôme, fallait pas venir me chercher ici (mais je sais, manipulateur, que c’est toi qui m’a amené sur ce terrain) !
Je dois quand même reconnaître que tu pourrais sans aucun doute faire une jolie carrière journalistique car tu possède certaines qualités indispensables au bon journaliste : la maîtrise du sujet, et l’objectivité, la faculté de persuasion à l’aide de tournures alambiquées, une jolie plume, une pointe d’humour et de dérision et enfin une légère mais arrogante assurance.
Du mauvais journaliste, tu as la démagogie.
Quel couple improbable…Moi et ma rigidité conceptuelle, et toi le libertaire décomplexé.
Rigidité conceptuelle. Je me suis d’abord étouffée en lisant cette expression. Puis il m’a fallu toute la journée pour la digérer. Sans vous parler de la constipation…
Mais si ça me blesse, je dois l’admettre, c’est parce que ce n’est pas qu’une caricature. Je ne suis pas, pas toujours, la femme libérée que j’imagine. Je suis rigide.
Mais toi, libertaire décomplexé. Carrément !? Et tu trouve pas que ça fait un peu gauche caviar ?
Décomplexé, y’a pas de doute. Décomplexé de la connerie. Décontracté du gland.
Un libertaire chez Toys’r’us. Voyez l’oxymore ?
Moi je sais qui tu es, esclave de la bonne affaire, un irrécupérable du tout consommation, et ça me fais chier, moi et mes valeurs altruiste, écolo et raffinée.
Samedi, le nouvel Observateur était dans notre boîte à lettres. Il m’était adressé, avec un courrier me remerciant de m’être abonné. Soit il y a eu une erreur de coordonnées bancaire et je vais le découvrir sur mon prochain relevé, soit un gentil inconnu a eu cette délicate attention de m’abonner. Qu’il en soit remercié s’il passe par ici (et qu’il se manifeste !).
Tout ça pour dire que l’hebdomadaire fait sa une sur les couples d’ambition. « Ils s’aiment et ils s’aident.» Johnny et Vanessa sont d’ailleurs n°2 au palmarès.
Ben nous deux, on fera jamais partie de la liste. Nous c’est le tandem improbable, le couple égo trip, l’union pour le pire et pour le rire (heureusement on se mariera jamais) ; pour caricaturer : l’égoïste et l’altruiste.
Et puis y’a Arthur qui trouvera peut-être dans cet univers familial tellement absurde une belle leçon de tolérance.
Mais qu’il sache que s’il fait comme son père je serais là pour lui mettre un bon coup de pied au cul.