A partir de maintenant on va se la jouer comme ça.
J’arrête de venir pointer ici tous les jours, et immanquablement, c’est Antoine qui va se pointer.
Il est timide, c’est évident ; toute cette pression et tout ce monde en attente de sa venue, ça le stresse. Je ne vois que ça. Parce qu’il ne peut quand même pas me faire ça juste pour imiter son frère qui n’en fait pas une de bonne, non ?
Aujourd’hui, rendez-vous de contrôle à terme+1. Antoine s’en donne à cœur joie pendant le monito. J’ai deux pauvres contractions toute pourrite, et il a du liquide amniotique à pouvoir nourrir des jumeaux. En gros, mon bide c’est un palace qu’on n’a pas envie de quitter.
Alors le 11 mars on est passé à deux doigts du déclenchement parce que je disais le sentir moins bouger, le médecin avait dit on la garde, on a dû insister pour repartir, laisser sa chance à la nature de faire son œuvre ; et maintenant je suis au bord d’aller le chercher moi-même tellement mes nuits sans sommeil et toute cette frustration à le voir à l’écho tous les deux jours commencent à me peser.
Et pour m’achever complètement, je viens d’apprendre, que, contrairement à ce qu’on me disait il y a deux jours, le déclenchement ne sera certainement pas programmé vendredi, mais bien samedi. À terme+5. Mon prof de math à l’haleine de chacal que j’avais en seconde avait donc tord quand il écrivait à côté de mon zéro « tu te moques du monde ! » car visiblement, je ne sais vraiment pas compter jusqu’à 5. C’est bien samedi, terme+5, pas vendredi, comme je le pensais.
Et samedi, quand une seule journée me paraît déjà une semaine, depuis le 11 ; c’est dans une éternité ; au moins. Alors vous m’en voudrez. Peut-être. Mais je vais disparaître de vos écrans d’ici à la naissance. Parce que c’est ça, ou je me césarise toute seule avec mes ciseaux de cuisine. Donc je vais plutôt essayer de préserver ma santé mentale, pour le bien de tous. Et puis si je sens que j’ai vraiment du temps, entre deux contractions (des fois que le travail se soit mis en route tout seul entre temps…) je viendrais vous poster un petit « J’accouche !!! » de circonstance.
D’ici là… « Hasta la vista bye-bye », comme dirait l’autre.
(Et merci de votre présence et votre soutien, quand même. Ça me touche, qu’on se le dise.)