Tout juste terminé le livre généreusement offert par mes beaux-parents, suite à ma demande, pour Noël. 600 pages lues avec plaisir, sans trop de difficultés. Mais en refermant ce livre, je dois quand même me remettre sacrément en questions, et c’est pas facile, justement parce que je ne trouve pas de réponses à ces questions.
Doris Lessing, prix Nobel de littérature en 2007, a écrit en 1976 ce roman Le carnet d’Or, encensé par les critiques comme une œuvre majeure sur la condition féminine et plus généralement sur les rapports entre les sexes. C’est le portrait d’une femme en quête de sa propre identité, personnelle et politique, comme le dit la quatrième de couverture.
Peut-être que j’étais encore un petit peu trop jeune pour comprendre ce livre. Peut-être que je ne connais pas assez la période historique dans laquelle l’histoire se déroule (apartheid d’Afrique du Sud, Angleterre des années 50 à 70…). Dans les deux cas, ça ne me renvoie qu’à une seule chose : ma grande ignorance. Et puis, est-ce que pour quelqu’un qui prétend aimer la littérature, qui voudrait travailler dans une librairie pour conseiller des livres, je suis bien crédible ? Moi qui ne suis pas capable de comprendre, même après ma lecture, pourquoi Doris Lessing méritait le Nobel plus que quelqu’un d’autre cette année.
Je n’ai aucune légitimité en littérature qui me permette d’oser dire que je voudrais être libraire.
J’aime lire, j’aime qu’on me raconte des histoires, et mes études m’ont beaucoup intéressé, mais il faut bien le dire, il me manque quelque chose. Quelques choses. La capacité d’analyse, le regard critique. Moi je me contente d’absorber. Et encore, avec ma mémoire de petit poisson, j’ai bien vite fais d’oublier. La concentration, dont dépendent capacité d’analyse et regard critique. Et la passion. Il me manque forcément la passion. Je n’ai qu’un intérêt, un goût prononcé certainement pour le livre, mais pas la passion ravageuse qui me pousserait à aller toujours plus loin en profondeur.
Le fond du problème c’est que je suis une vraie flemme, c’est tout. J’ai toujours attendu que ça tombe tout cuit, je me suis toujours reposée sur mes acquis. Vraiment pas de quoi être fière.
Mais c’est un mal terrible, la fainéantise. Très dur à guérir. La fainéantise, ça s’ancre un jour en soi, et puis très vite ça prend ses aises, ça invite ses copines Paresse et Oisiveté, et elles bullent, ensemble. Et parfois c’est tellement bon de s’abandonner, on est dans du coton, sans grande conscience. Mais la dérive, c’est de tomber dans l’inertie. Voilà pourquoi faut que je me prenne en main. M’enfin, c’est comme n’importe quel sevrage ; devant l’étendue des efforts à fournir, on se laisserait vite décourager. Mais qu’est-ce que c’est déjà, cette sentence débile qui me vient ? À cœur vaillant rien d’impossible ? Oui, c’est ça. J’ai bien réussi à arrêter de fumer ; la flemme, même si ça fait 20 ans que je vis avec, j’arriverais peut-être bien à m’en débarrasser. Et puis quel exemple je veux donner à Arthur ? C’est bien beau, une loutre, mais dans l’emploi péjoratif (et infondé du reste) qu’on fait de ce mot ; c’est quand même un animal qui regarde sa vie passer…je suis sure que je peux faire mieux que ça.