Un mois. 25 jours, peut-être. Ou plus, ou moins, peut-être aussi.
La tête en bas, le cœur qui bat, t’es dans les starting-blocks.
Bonnes courbes de croissance, paraît même que t’as déjà de grandes jambes. C’était donc ça, cette pression sous mes cotes…
Tu vas être un sacré, toi. Je sens qu’on va bien rigoler.
On n’a jamais été aussi proche du moment de notre rencontre. Je sais pas toi, comment tu vis les choses, mais moi, ça se bouscule sérieusement dans ma tête. Je panique un peu, je me fais des films, beaucoup, j’envisage l’accouchement sous toutes ses formes, passionnément, j’ai peur, à la folie, de ne pas être à la hauteur. Mais comprends moi bien, je serai pas triste, pas du tout, de te découvrir enfin. Je serai la plus heureuse, même, de te parler et que tu me regarde, avec tes yeux (bleus, évidemment) qu’ont jamais vu la lumière du jour.
Ce qui me fait peur, c’est l’imprévisible de cette situation, il faut que j’accepte de ne pas avoir le contrôle. Je sais déjà que je vais pas faire la maligne. Je risque même d’être bien tremblotante. Je compte un peu sur ton indulgence.
Et t’imagine ton père, quand il t’aura dans les bras pour la première fois ? Faudra que tu profite de ce moment où tu vas réussir la où tout le monde à échoué jusque là : lui couper le souffle. Mais si t’es d’accord, je t’assure qu’il aura aussi plein de trucs magiques à t’apprendre. Un petit peu plus tard. D’abord, c’est nous qui allons t’écouter et apprendre nos leçons, parce que tu vas faire de nous des parents. Ben oui. Et puis il va forcément y avoir du boulot. Quoi qu’il en soit, malgré toutes les appréhensions normales que l’on peut encore avoir, je te jure qu’on t’attend avec impatience, et énormément d’envie. Alors fini de te préparer, et rejoins nous, bientôt.