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Compte à rebours

Un mois. 25 jours, peut-être. Ou plus, ou moins, peut-être aussi.

La tête en bas, le cœur qui bat, t’es dans les starting-blocks.

Bonnes courbes de croissance, paraît même que t’as déjà de grandes jambes. C’était donc ça, cette pression sous mes cotes…

Tu vas être un sacré, toi. Je sens qu’on va bien rigoler.

On n’a jamais été aussi proche du moment de notre rencontre. Je sais pas toi, comment tu vis les choses, mais moi, ça se bouscule sérieusement dans ma tête. Je panique un peu, je me fais des films, beaucoup, j’envisage l’accouchement sous toutes ses formes, passionnément, j’ai peur, à la folie, de ne pas être à la hauteur. Mais comprends moi bien, je serai pas triste, pas du tout, de te découvrir enfin. Je serai la plus heureuse, même, de te parler et que tu me regarde, avec tes yeux (bleus, évidemment) qu’ont jamais vu la lumière du jour.

Ce qui me fait peur, c’est l’imprévisible de cette situation, il faut que j’accepte de ne pas avoir le contrôle. Je sais déjà que je vais pas faire la maligne. Je risque même d’être bien tremblotante. Je compte un peu sur ton indulgence.

Et t’imagine ton père, quand il t’aura dans les bras pour la première fois ? Faudra que tu profite de ce moment où tu vas réussir la où tout le monde à échoué jusque là : lui couper le souffle. Mais si t’es d’accord, je t’assure qu’il aura aussi plein de trucs magiques à t’apprendre. Un petit peu plus tard. D’abord, c’est nous qui allons t’écouter et apprendre nos leçons, parce que tu vas faire de nous des parents. Ben oui. Et puis il va forcément y avoir du boulot. Quoi qu’il en soit, malgré toutes les appréhensions normales que l’on peut encore avoir, je te jure qu’on t’attend avec impatience, et énormément d’envie. Alors fini de te préparer, et rejoins nous, bientôt.

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C
Comme c'est bien dit tout ça...et comme ça parme bien.. des impatients ils y en a d'autres! mais prenez bien votre temps tous les deux de peuafiner tout ça!!
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J
Dernière cuite avant inventaire.<br /> <br /> Dimanche dernier déjà, je me disais que peut-être, je devrais lever le pied ou du moins baisser le coude. Parfois les petites remises en question s’imposent même si elles peuvent sembler illusoires au vu de l’absurdité de notre condition. En effet fiston, à quoi bon ces excès de boissons où l’on est presque seul à boire mais où on ne se saoul pas tous seul. Tu vois Arthur, l’homme est complexe et sa vie est un jeu de dupes et de doutes. Tour à tour il se protège et se trahi à force d’emprunter des masques pour paraître en société. Avec le temps il oublie même ces vains artifices dont il se pare pour sembler un autre. Très tôt il se fait une haute idée du mensonge mais un matin ou plutôt une nuit comme chantait Barbara il tremble à regarder la vérité en face. Pour ce voir moins laid et supporter cet autre il apprend l’hypocrisie et la prudence. Alors il jure de se méfier du vin ce sinistre révélateur et plus encore de l’ivresse où l’enfant qu’il n’a jamais cessé d’être reprend pour un temps les manettes. S’il boit trop il se déshabille et il est peu souvent glorieux le spectacle de l’homme tout nu sans maitrise ni retenue. Ah mon fils, elle est parfois sombre la toile qu’il expose. C’est ainsi l’art peut faire frémir quand il se joue de nos tabous, des conventions, de nos peurs et de nos suffisances. Tu verras la société n’est pas amatrice de déviance et juge avec mépris ces marginaux qui osent remuer la merde que nous portons en chacun de nous. L’artiste pour exister doit être maudit ou aseptisé. Mais j’ai du respect pour l’ivrogne notoire, le minable poivrot qui brûle son œsophage plus que les planches mais qui est en représentation gratuite du lundi jusqu’au dimanche sur le zinc des cafés ou des buvettes improvisées. Arthur je t’apprendrais à regarder avec tendresse le soulard qui n’en est pas moins homme et qui peut se révéler philosophe comme Diogène. Une chose est certaine il est souvent trop lucide ce qui peut parfois être déprimant. Mais bon tu découvriras que l’excès ne fait pas recette. Si un jour tu as de la sympathie pour la murge du cynique ou la ruine des poètes il te faudra assumer les regards des gens bien. Des bacchanales au bas fonds ils te diront qu’il n’y a qu’un pas et je le dois avouer mon enfant, c’est la vérité.Bien boire c’est pratiquer le coït interrompu où l’on se maitrise avant d’être ivre au risque de ne pas jouir complétement. C’est une rigueur que l’on s’impose pour dominer la nature et s’enorgueillir d’avoir dompté l’animal. Alors tu vois Arthur, riche de ce savoir et de mon expérience des semaines précédentes, j’ai pris tu t’en doutes de bonnes résolutions. Je me suis pour ainsi dire, engagé à sevrer la créature sauvage qui me gouverne. Bref dimanche matin ma décision était prise, je devais modérer ma consommation et mon propos. Comme un grand nombre de drogué j’étais sincère car je sais que l’alcool est l’ennemi de l’homme et que fuir devant l’ennemi évite bien des emmerdes. Mais que veux tu Arthur ton père à des faiblesses mais ce n’est pas un lâche et je crois bien que j’aurai ma vie durant bien du mal à déserter le champs de bataille quand le bruit sourd des bouchons annoncent le début des hostilités. Enfin tu l’auras compris le jour même du seigneur, le sang du christ à encore bien inondé les artères de papa. Pourtant l’apéro était plutôt soft. Deux, trois « Baileys » maximum. Puis Manu a sorti la machine à remonter le temps et on a bloqué sur 2002. Le voyage a commencé dans un somptueux domaine de bourgogne puis entre le fromage et le délicieux gâteau au chocolat, nous sommes passés d’un château à un autre pour retrouver Saint-joseph qui nous a tenu compagnie jusqu’à l’heure du digestif. Pour être honnête mon fiston, c’est à partir de ce moment là qu’il était presque trop tard et le retour dans le futur allait peut-être se faire à quatre pattes. A 14h et quelques verres, nous avons donc gouté la pomme orange, une eau de vie locale. Et alors ce qui devait arriver arriva, le champ de vision s’est transformer et l’ivresse a engendré une hyper contraction du temps. On a un peu bavardé entre deux libations et quand on a quitté la table, il était 22h passé. Pour la morale le lendemain j’étais chiffon et cette fois ci tu peux me croire c’était la dernière cuite avant inventaire. Maintenant comme dit ta mère, faut plus déconner car tu peux sortir d’une minute à l’autre. Alors mon p’tit, je vais tourner à l’eau pendant un mois et c’est pas plus mal, car ma prochaine ivresse, je le sais, ce sera toi.
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A
Et oui il me semblait bien aussi que la date fatidique approche.. ou le Jour J, pour employer un terme plus approprié à l'(heureux) événement :)<br /> D'ailleurs, si j'osais, je demanderais bien à Arthur de jouer les enfants précoces car je serai dans le coin à la mi-mars :o)<br /> Cela dit, je comprendrais aussi qu'il préfère se faire désirer jusqu'au bout c'est tout à fait légitime ;)<br /> Dans l'immédiat mille bises d'encouragement à la future maman pour cette dernière ligne droite !!
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