Ha le cinéma…c’est quand même une invention brillante. Qui permet à des personnes brillantes de mettre en images des histoires qui leur tiennent à cœur. Bon, sur le nombre de sorties hebdomadaire, il y a toujours de gros navets, mais ça, c’est comme avec l’édition…Parmi les best seller qu’on nous vend, soit disant pour financer les publications « à risque », il y a encore, toujours, ces livres risqués, dans lesquels on trouve des mots qui nous parlent qui ont une résonance et qui ne nous laissent jamais indifférent.
Sean Penn, qui passe derrière la caméra pour adapter une histoire vraie, a réussit son coup. Encore une fois, ce type fait preuve de génie. Son film, Into the wild, est un bijou. 2h30 sans longueurs. Intense, de la première à la dernière minute. 2h30 pour raconter la quête en solitaire d’un jeune diplômé incapable d’accepter de vivre dans cette société qu’on lui propose, et qui est la notre, en ce xxie siècle. Il choisit à la place de mettre les voiles, de faire une sorte de retour aux origines. Seul, avec la nature, la nature sauvage ; the wild.
Quand, au départ de son voyage, il brûle son fric, la salle de cinéma frémit…Ouais…Y’a du pain sur la planche, pour éveiller les consciences.
Puis tout le long du film, c’est le message qui passe : il faut se libérer de tout. Le matériel n’est rien, il empêche l’homme de se réaliser en temps qu’homme, d’être vraiment lui ; il l’emprisonne. Je crois, et ce n’est que mon humble avis, qu’une part de ce film va dans le sens de Rousseau, pour qui l’homme est bon, mais c’est la société qui le corrompt. Certains passages en tout cas m’ont conforté dans cette idée.
Tout est magnifique dans ce film. Rempli de poésie, de métaphores, de références littéraire qui donnent à réfléchir…jusqu’à la bande originale qui dès le début nous immerge dans un autre univers. Non vraiment, il est à voir de toute urgence, et en VOST de préférence. Toute personne dotée d’une conscience et d’une certaine sensibilité sera forcément interpellée, touchée au fond d’elle-même par un film de cette qualité. À moins d’être une jeune pré pubère, qui lorsqu’elle ne fait pas de lumière parasite avec son téléphone portable, jacasse avec sa copine et gratifie la salle de commentaires insupportablement insipides.