Alors voilà, il suffit qu’un événement s’annonce, en venant tout bouleverser, pour que je m’engage à l’aveuglette dans des missions presque impossibles. Rrrooo, dis, on va avoir un p’tit ! Euphorie, montée d’adrénaline, débordement d’enthousiasme, émotion si vive que les mots sortent plus vite que ma pensée. Je vais fabriquer des super faire-part ! Ouais ! Génial Anne-Claire !
Sur Internet, petit tour d’horizon pour voir ce qui se fait en super faire-part. Tout de suite, c’est bien moins original, mais je chipe quelques idées, à droite, à gauche. Et il y a un mois, hop, je commence, ravie de me remettre à une activité manuelle. Je me souviens, j’ai 10 ans et je fais des scoubidous. 12, 13, 14 ans, un bandana autour du genou pour accrocher l’épingle à nourrice qui maintien en place le bracelet brésilien que je suis entrain de faire, suivant le modèle, scrupuleusement. 15, 16 ans, en musique, je passe des heures à mon bureau, à dessiner des visages trouvés sur des pubs de magazines. M’occuper à créer, j’adore. Sans prétention aucune, car j’ai toujours un modèle. Je ne suis qu’une simple interprète, pas une compositrice.
Pour notre création originale, et unique en son genre, notre futur petit Arthur, je me remets, avec délice, au coloriage…Ça c’était il y a un mois, quand je n’en étais encore qu’au stade du brouillon. Où je rêvais que ce s’rait trop beau, une fois au propre. Aujourd’hui, je me sens comme une ouvrière qui reproduit, à l’infini, les mêmes gestes. Cela dit, je ne me plains pas ; je suis très contente de faire ça. Mais quand même…j’avais pas idée de tout le temps que ça prendrait. Tout ça alors qu’il est toujours possible que le résultat soit médiocre…Dire que dans un mois et 3 semaines j’aurais plus toutes ces journées rien qu’à moi. Je pourrais en profiter pour faire n’importe quoi d’autre, mais non. Je fabrique des faire-part, qui, je le sais très bien, finiront à la poubelle dans quelques mois. Si si, je le sais ! Un faire-part c’est éphémère, seuls les conservateurs en ont quelques uns rangés dans une boîte à chaussure, au fin fond d’un placard.
Je me dis déjà qu’il va falloir ruser pour le prochain. Car je suis pas bien sure de vouloir, encore moins de pouvoir consacrer autant de temps à la conception des faire-part de nos prochains bambins…En attendant, faut que je m’y remette, parce qu’à cette allure, j’aurais jamais terminé à temps !