Parce qu’il n’y a pas que des jours heureux où tout est bien en place, où tout s’enchaine simplement sans accrocs, sur une petite musique douce…
Après 2H30 de sommeil hachuré, poussée hors du lit par la cause de cette fin de nuit perturbée, j’ai mis le premier pied par terre à 7H30. Je savais qu’il pleuvait –ou qu’il avait plu– rien qu’à entendre le bruit des pneus sur l’asphalte.
Ce matin, le jour a oublié de se lever, et en préparant le biberon, chignon en pétard et pyjama à l’envers, j’ai une furieuse envie de passer ma journée à lire. On serait encore en 1995, on m’aurait dit : « tu veux pas 100 balles et un mars, aussi ? » Faut pas rêver, ça doit faire trois semaines que j’ai pas ouvert un bouquin.
Non, ce matin, c’est médecin !
Hier Arthur s’est fait virer de la crèche avec 39 de fièvre et un suppo dans le cul (« maman, ai chaud ! » tu m’étonne) et surtout, avec un bouton pas loin du nombril qui, accompagné de toute sa purulence semble nous dire « je suis la varicelle, je vais me multiplier ! »
Il est 9H10 quand on se pointe chez la doc’, soit 25 minutes après l’ouverture des consultations libres ; mais on nous demande de revenir à 12H15, parce qu’on ne sera pas prit avant, étant donné le monde qu’il y a déjà. Je comprends pas ; dans la salle d’attente, d’habitude, il y a une petite note qui indique que les jeunes enfants sont prioritaires. Ça marche uniquement pour les enfants qui ont des parents pressés (comprenez ceux qui bossent) c’est ça ?
Retour à la case départ, on défait en 15 secondes tout ce qu’il m’a fallu une demi-heure à enfiler.
Arthur a l’air en forme, son bouton a juste doublé de volume, mais il reste seul sur la peau toute tendre de mon p’tit gars. La perspective de retourner chez le médecin pour rien me fatigue à tel point que je m’affale sur le canapé, pendant qu’Arthur tente une attaque tellement frontale de guiliguilis qu’il manque de m’arracher un œil. Je me suis déjà pris un coup de tambourin en plein sur la lèvre hier ; reste plus qu’à laisser Antoine finir le boulot, qui avec ses petites mains moites a le don de m’arracher des poignées de cheveux à chaque fois que je m’approche pour l’embrasser, et très bientôt, je ressemblerais à ça :
Midi. On recommence tout. On enfile pull, bottes, manteau pour l’un. Pull, bonnet, couverture pour l’autre. Moi je remets ma veste marine sur laquelle a séché un long filet de lait à peine digéré, lors du premier aller/retour. Dans la salle d’attente, et parce qu’il y a une justice même pour les mères au foyer qui enchaînent les journées de merde, Arthur se la joue enfant modèle qui range tous les jouets sitôt qu’il a fini de s’amuser avec. Bon, quand le médecin arrive, il est debout sur une chaise entrain d’ouvrir la fenêtre, mais ça, c’est juste pour que ma réputation de mère inconsciente se base sur des arguments solides.
Verdict, c’est bien la varicelle. Il suffit qu’on le dise pour qu’Arthur commence à se gratter, et qu’un second bouton apparaisse dans son dos. M’enfin ils n’ont pas l’air trop virulents. Le médecin me dit que s’il n’a pas beaucoup de boutons, il refera surement une varicelle à l’occasion. En attendant, j’ai gagné le droit d’avoir mon fils avec moi toute la semaine à venir. Pas de crèche pour lui, pas de repos pour moi. Si Antoine la chope dans la foulée, je suis condamnée pour les 15 jours à venir.
Allez, gardez le moral, la prochaine fois, ici, on parle de livres. C’est dit !